Pratique femmes enceintes par Nathalie Mlekuz

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Conférence La Hatha yoga Pradipika par Frans Moors

Le 29 novembre dernier, nous avons eu la chance d'avoir parmi nous Frans Moors, formateur IFY et élève de TKV Desikachar durant de très nombreuses années. Cette conférence d'une journée à Paris fut un moment important pour tous les participants et Frans a su avec bonne humeur et simplicité "éclairer" notre lanterne quant à ce texte parfois mal interprété.


Voici quelques témoignages : Patricia DAUTIN :

La conférence atelier de Frans Moors a été pour moi l'occasion de me remettre  dans la peau de l'élève que je suis et resterai toujours et cela pour mon plus grand bonheur. Enseignante depuis 24 ans et faisant face chaque année à une demande grandissante des personnes souhaitant pratiquer le yoga ; ce moment de partage m'a conforté dans l'enseignement que je perdure depuis ces années. Je ne me laisse pas souvent la possibilité de participer à ce genre d'expérience, car je dispense de très nombreux cours de yoga et il ne m'est pas facile de laisser mes élèves. Or, pour cette fois, mon souhait était très fort et je me suis organisée pour être présente à cet atelier en me détachant de deux cours du samedi matin.  Je suis repartie heureuse et cela a encore ravivé la flamme de l'enseignante que je suis. Je me suis sentie nourrie, portée,  sur la même longueur d'onde.  Merci pour ce moment. 


Céline TREMPE :

J’ai apprécié de participer à cette conférence en tant que yogi pratiquante et non enseignante (envie de devenir enseignante), la formation était de courte durée, les dernières parties ont été peu abordées comme les mudra. J’ai été surprise d’une fin avec aucune demande du professeur de notre vécu de cette formation. J’ai bien aimé la pratique sur tapis ou sur la chaise.


Christiane KROPFELD :

Pour moi, grâce à vify, j'ai pu retrouver mon formateur qui me fit passer il y a plus de 20 ans mon diplôme à Reims.
Frans reste fidèle à lui même, simple, discret présentant un enseignement très précis ,
L'auditoire attentif découvrit  t les bases  précises du yoga :  cette fois-ci,  avec pour éclairage, le Hatha Yoga Pradîpikâa.
Sa petite séance très simple, comportant des petits bhavana fut  en adéquation avec l 'enseignement reçu , les heures précédentes ; 
Frans laissa la parole aux participants, agrémentant les dialogues d'une pointe d'humour (belge) 
 
Malheureusement, le temps qui lui fut imparti ne lui permit pas de cloturer cette belle journée, par la présentation du travail sur les bandhas; 
la journée s'écoula trop rapidement, une ambiance chaleureuse régnait au sein de notre groupe., nous partagions les unes et les autres ce même intérêt;
Grâce à l'intérêt que nous portons à cette belle discipline , de belles rencontres s'établissent autour d'un formateur invité par vos soins.
 je vous remercie ; donc à une prochaine fois cher Frans;
 
 une jeune éléve m'accompagnait ; elle ne connaissait que les bases du yoga présentées par Patanjali.
découvrir la discipline  du yoga sous un autre angle ne lui déplut pas.
pour celle-ci ce fut une belle découverte, elle fut enchantée..

Denis BOUDIN :

J'ai apprécié l'approche très pragmatique et imagé de Frans. Il m'a donné des clefs importantes pour revenir vers l'étude de la Hatha Yoga Pradîpikâ   mieux la comprendre
 

Instant chez Maryse retour des participants

Instant Thé
 
chez Maryse 
avait pour thème le visionnage (et discussion) sur une conférence de Marc Beuvain.
sur le thème " La crise globale, reflet de notre crise intérieure"

              Deux journées avec deux groupes furent proposées avec un beau succès grâce à l'accueil chaleureux de
Maryse et le partage de  nourriture

spirituelle et physique qui y fut proposé... Et voici le vécu de l'intérieur....


Bonjour à tous,
Deux journées d'étude et de centrage autour des messages essentiels des Yogas Sutras. Les   événements tragiques sur Paris (et dans le monde) ont fait résonner fortement les notions d'avidya, de l'identification à nos fausses personnalités auxquelles nous nous accrochons et qui nous éloignent de l'autre, rendant difficile ou impossible l'échange et la confrontation féconde.
 
« Exprimer sa vérité est le chemin de l'évolution » rappelle Marc Beuvain, dire sa vérité, avoir confiance et la dire. Un travail exigeant, indispensable. C'est ce qui a « fait tilt » en moi à l'écoute de ce stage. Satya, la vérité (en ce moment la traduction qui me parle le plus est celle de Peter Hersnack, l'authenticité). L'authenticité alliée à Ahimsa (la non-violence). Courage, soyons authentiques dans nos vies et faisons confiance en l'autre, à sa capacité de compréhension.
 
Merci à mes collègues pour leur participation attentive, les échanges à l'issue du visionnage de ce stage mais aussi pour les paroles vraies autour de la table du déjeuner, le partage des saveurs, les fou-rires et l'amitié.
Ce moment m'a semblé très riche et plein. Marc Beuvain parle des bonnes conditions pour ne pas être pris par les émotions, pour « avoir le cheval sauvage de la matière sous contrôle » et ainsi  être en mesure d'entendre la voix de la conscience intérieure et d' agir en conséquence. A côté du style de vie approprié (Sat Vihara), de la nourriture appropriée (Sat Ahara), il nomme l'entourage approprié (Sat Sanga).
L'énergie que j'ai senti au cours de ces deux jours vient j'en suis sûre de ce « Sat Sanga ». Les instants Thé, une belle expérience !
 

Maryse, organisatrice de ces instant thé.

 
Merci à Maryse de nous avoir concocté cette rencontre amicale le 24 janvier, autour des DVD de Marc Beuvain, professeur que  j’ai découvert à cette occasion.
            En quelques mots les deux aspects de la conférence de Marc qui ont le plus retenu mon attention sont :
- la différence entre le ‘yoga de confort’, qui nous permet de ne pas trop souffrir de nos petits compromis quotidiens, et le ‘yoga pur jus’ comme je les nommerais aujourd’hui, le premier étant une version émoussée de l’originale ‘pur jus’ – exigeante mais purificatrice ;
- et plus loin, sa référence à la vérité, qui vient nous interroger au cœur de notre pratique – pas tant celle du tapis que celle de la ‘vraie vie’, vécue dans le vif de la réalité des faits.
            En écrivant ceci je me rends compte que ces deux aspects sont parfaitement dans le prolongement l’un de l’autre. Marc, Un grand merci !
 
Nadia    Moulinier      
           .
 
Je ne connaissais pas Marc Beuvain, sauf de nom, bien entendu, mais quelle surprise, enfin des exposés simples, des compréhensions sur « l'art de vivre et de comprendre ».
Il décortique les sutras, ludique et explicite à la fois, quelques conseils sur notre façon de vivre, de présenter nos ressentis (bien que son exemple sur la vérité à dire à son conjoint m'ait laissé sans voix, ou plutôt j'ai dit « il est jeune »)
Voilà une bonne journée et une envie de continuer, de connaître Marc Beuvain
 
Mireille Merlaud

 
 Marc Beuvain est un trentenaire. Il parle du yoga avec ses mots, en donnant des exemples de sa vie, de notre vie....Ah, la grand-mère qui n'a pas envie de garder ses petits enfants mais qui accepte pour faire plaisir à sa fille ! D'un seul coup, cette « histoire » que je croyais connaître (le contenu des Yogas Sutras de Patanjali) a une autre saveur. J'ai retenu que l'on devait s'efforcer de dire sa vérité, le plus souvent possible et qu'il parlait de l'être humain en jouant avec ces deux mots et deux tableaux qu'il faisait pivoter.
Se réunir ainsi chez Maryse, partager une repas et découvrir ensemble une parole sur le yoga m'a fait du bien.
 
Marie-Christine Tchernia
Dans le cadre des Instants thé organisés pour les professeurs, Maryse Jobert nous a invités à assister au visionnage des 3 DVD de Marc Beuvain, soit 3h30 d’enseignement ayant pour titre : « La crise globale, reflet de notre crise intérieure ».  Ces conférences ont été filmées lors des interventions de ce professeur de yoga au séminaire « Yoga et Santé » à Aix-en-Provence en juillet 2010.
Voici donc un résumé de ce que j’ai compris de cet enseignement espérant à la fois partager mes réflexions et peut-être piquer votre curiosité. Les DVD sont disponibles à l’achat sur le site de Marc Beuvain.com
 
Avec des mots simples et des explications accessibles Marc Beuvain présente la personne sous forme de deux tableaux : l’être (le puruṣa) et l’humain (la prakṛti).   L’humain, comme l’appelle Marc est la matière formée du corps physique et énergétique, du mental, de la personnalité et des émotions d’une personne.  Ce coté humain est caractérisé par son instabilité, son impermanence et sa fâcheuse tendance à croire qu’il est le maître du duo purusa-prakṛti. Par ailleurs, l’être (puruṣa) est la conscience éternelle, illimitée, hors du temps qui se trouve au fond de chacun.  C’est lui qui est le véritable créateur, le maître.
Les névroses, nous dit le conférencier, naissent de l’écart et du tiraillement entre l’humain (la matière) et l’être (la conscience). En agissant différemment de ce que nous dicte notre voix intérieure nous créons le problème.  Le maintien d’un mauvais choix professionnel, que l’on poursuit par peur du changement, est un bon exemple de division interne, alors que la santé spirituelle se met en place et s’approfondit lorsque la matière accepte d’être entièrement au service de la conscience. 
Le jeune conférencier affirme qu’il existe deux types de yoga.  Il y a tout d’abord le yoga samanam, celui qui calme et qui apaise sans entrainer de changements radicaux chez la personne.  C’est celui que la plupart des gens connaissent et c’est celui que Marc appelle le yoga thalasso. Il ne dénigre pas ce type de yoga qui a sa valeur, qui améliore la santé et le bien-être mais il estime que si cette démarche peut aider en soulageant, elle ne vise aucun changement en profondeur. Reprenant l’exemple du travail, ce premier type de yoga aiderait la personne à mieux vivre une situation d’inconfort mais sans remettre en question la situation de base. 
Ensuite, il y a le yoga śodhanam, celui qui mène vers une guérison complète.  C’est un yoga plus exigeant qui implique l’ensemble de la personne. En effet, à l’apaisement  visé par le yoga samanam dans le second yoga s’ajoute une démarche vers l’intériorité.  Et cela ne s’arrête pas là… Non seulement, il faut rechercher l’intériorité mais celle-ci doit se refléter dans l’action, dans la vie concrète du yogi pour mener vers une vie de plus en plus unifiée.  Il faut donc trouver sa vérité, ce qui en soi est déjà un défi, et ensuite il faut la dire et la vivre.
Le conférencier pousse la réflexion jusqu’à souligner que si la pratique méditative n’entraine pas un impact sur la vie active, il ne peut s’agir de yoga śodhanam.  Dans ce cas, la méditation est une pratique de détente mais pas de changement profond. Il prend aussi le soin de distinguer l’action qui est le reflet de la voix intérieure de la « bonne action », l’action blanche dont il est question dans les yoga-sûtra (Y.S.IV-7).  Celle-ci est peut-être louable mais elle reste du domaine de la matière, de l’humain selon Marc.
L’humain serait comme un cheval sauvage qui a besoin d’être apprivoisé.  Le yoga offre un ensemble de techniques pour apaiser cette matière, cette animalité pour laisser émerger la conscience, notre véritable identité.  L’ascèse en yoga est cette démarche vers l’éveil spirituel quand la matière accepte d’être au service de l’intériorité, d’un espace de Vérité.  Selon Marc ce n’est pas un engagement facile.
Le jeune conférencier affirme que notre  société est à l’image de tous nos conflits intérieurs. « La crise globale, dit-il, est le reflet de notre crise intérieure ».  Individuellement nous avons oublié qui nous sommes et collectivement le cumul de toutes nos névroses expliquent les désordres et conflits sociaux qui nous affligent présentement.   Au vue des récents évènements vécus à Paris, les affirmations de Marc Beuvain peuvent constituer un grand sujet de méditation. 
 
Pour ma part, le visionnage de cet enseignement m’a donné l’occasion de réfléchir à ma propre démarche en yoga et sur mon rôle d’enseignante. Comment puis-je intégrer ces notions pour être moi-même un peu plus unifiée et favoriser cette démarche chez les élèves ?  
Je voudrais finalement remercier Maryse Jobert d’avoir eu l’idée d’organiser cette belle journée de ressourcement et de partage convivial à laquelle j’ai participé le mercredi 14 janvier 2015. 
 
Marie-Andrée Despatis

Belle découverte de Marc Beuvain.
Ce jeune prof qui nous parle du Yoga dans un langage accessible.
Il nous fait revisiter les Yoga-Sutras, il parle à notre corps et  à notre cœur, et nous invite à écouter notre voix intérieure.
Une belle journée enrichissante et optimiste.
 
Gisèle Sarrouilhe
 
Une belle journée !
 Un accueil « aux petits soins » de la part de Maryse qui nous recevait et un programme dense et respecté sans que nous soyons bousculées.
 La présentation des Yoga Sutra de Marc Beuvain est – fond et forme – très sthira-sukha, et aussi riche, claire, presque radicale parfois. Elle nous a amenée au cœur du yoga et m’a mise face à moi même en tant que pratiquant et professeure.
 Partager et échanger entre pairs était évident et nécessaire après avoir entendu le point de vue de Marc Beuvain sur « qu’est ce qu’un Etre Humain » d’après le yoga.
Une belle journée de yoga et d’amitié !
Chantal Bourgea
 

Le yoga prénatal

Auteur: 
MLEKUZ Nathalie

 
A la fin de l’un de mes cours, une jeune femme m’a dit, très émue : « On ne m’avait encore jamais parlé de mon bébé comme ça ! ». C’est une phrase qui m’a beaucoup touchée. Et qui me semble parfaitement résumer ce qui se joue dans un cours de yoga prénatal.
 
Certes, les postures détendent, allègent, soulagent… Elles apportent un bien-être extrêmement précieux tout au long de la grossesse. Mais l’essentiel réside dans le lien que la future maman va, peu à peu, grâce à la détente, à l’ouverture, tisser avec son corps et à travers lui, avec ce tout petit être qui grandit en elle.
 
A côté du discours médical coloré par l’éventuelle présence de pathologies, du discours de la société de consommation qui insiste sur ce qu’il importe d’acheter pour accueillir au mieux son enfant, le yoga propose une parole reliée à l’être. 
 
Vécue sur le plan extérieur, la période si singulière de la grossesse est souvent ressentie comme une déformation. Les femmes deviennent grosses. Elles perdent leur silhouette de jeune fille, s’éloignent de mois en mois des normes imposées par les images médiatiques, se sentent lourdes, disgracieuses... Le yoga prénatal, à travers les postures, leur ouvre une perception beaucoup plus intériorisée et beaucoup plus vivifiante.

Dès le début de la séance, j’invite les personnes à fermer les yeux, à mettre au repos ce sens visuel (qui dans notre société est malheureusement le sens dominant alors qu’il est loin d’être le plus fiable pour percevoir le monde) pour privilégier le sens auditif, à travers l’écoute de ma voix, et la sensorialité, deux sens bien plus intéressants que le sens visuel pour se relier à leur bébé.  Une fois les yeux fermés, le corps peut-être perçu de l’intérieur et non plus de l’extérieur, c’est-à-dire qu’il devient mouvant, vibrant, vivant au lieu d’être figé, enfermé dans une forme. Le corps, en temps normal, est toujours changeant, il n’est jamais le même d’un jour sur l’autre, d’une semaine sur l’autre mais pendant la grossesse ces changements sont beaucoup plus nombreux et très rapides. Le yoga prénatal permet aux femmes d’intégrer, pas à pas, ces multiples transformations et non simplement de les subir. Leur bassin devient le premier berceau de leur bébé et elles sentent qu’elles peuvent avec un simple mouvement de bascule ramener leur enfant vers l’intérieur des hanches et lui permettre de se sentir bien en sécurité.
 
Les respirations qui vont être très utiles le jour de la naissance pour affronter les contractions, sont également très précieuses à pratiquer régulièrement pendant la grossesse. La respiration de la vague (une grande vague de souffle qui part depuis le dessous des pieds, qui monte jusqu’au sommet du crâne à l’inspiration et redescend dans une grande douche de souffle à l’expiration) permet, en fin de journée, d’éliminer le stress. La respiration ventrale (L’inspiration ouvre l’espace pour le bébé, l’expiration amène de la détente) offre à la maman la possibilité d’entrer en relation profonde avec son bébé : les mains sont posées sur le ventre, elles sont nourries de présence, d’attention, de tendresse, d’affection et elles sont aussi réceptives, prêtes à accueillir ce que l’enfant souhaite, lui aussi, partager avec sa mère, ce qu’il a d’ores et déjà envie de lui faire connaître de lui. C’est une respiration qui peut vraiment permettre de vivre de très beaux moments d’échange, de complicité, de communion.
 
Enfin, le moment de relaxation finale se termine par une invitation à se relier encore un peu plus profondément à la présence de cette nouvelle vie en soi (perceptible ou peut-être encore imaginaire en tout début de grossesse), au mystère de cette présence, à sa beauté, à sa dimension sacrée…
 
Au-delà de l’accompagnement tout au long de la grossesse, le yoga prénatal défriche également le chemin vers l’accouchement, cette incroyable ouverture du corps si difficile à concevoir par la pensée et l’imagination, ce passage aussi douloureux que miraculeux de la vie à travers soi. Les cours donnés lors des deux derniers mois tentent ainsi de préparer au mieux les femmes pour la traversée de ce qui est à la fois une effroyable tempête mais aussi un moment de lumière, d’éveil, un accès accéléré à la dimension spirituelle de l’être, qu’il est très dommage de vivre –même si cela peut paraître sur le moment bien plus confortable- en partie anesthésiée…
 


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PARTAGE DE LECTURE: LA SAGESSE DU DESIR Christiane Berthelet Lorelle



LA SAGESSE DU DESIR – Christiane Berthelet Lorelle – Seuil (2003)
 

Christiane Berthelet Lorelle est professeur de yoga, et psychanalyste lacanienne. Cet ouvrage présente au travers quelques uns des comptes-rendus cliniques, le double travail qu’elle met au service de ses patientes, souvent professeurs de yoga. Car si le yoga permet de s’alléger des causes de la souffrance, pour elle seule la cure analytique permet le changement radical nécessaire qui parfois se fait attendre… toute une vie.

L’hypothèse de fond de l’ouvrage est que la méconnaissance psychique constituée par le refoulement rencontre au cœur de l’histoire de l’être humain l’ignorance spirituelle que Patanjali nomme avidyâ. Conjuguant yoga et analyse, CBL cherche à faire tomber l’ego et sa jouissance mortifère. A l’occasion des mouvements de la vie psychique, de l’expression des résistances, du dévoilement de l’inconscient et de la mise en œuvre du transfert le lecteur peut ressentir comment postures et méditation d’une part, la cure par la parole d’autre part, peuvent se répondre dans des effets repérables.

Elle écrit : « Désir de reconnaissance et narcissisme impliquent toutes les stratégies inconscientes de celui ou celle qui continue d’entretenir, fût-ce dans une technique telle que le yoga, ce qu’il n’a pas consenti à perdre… A occuper cette place d’enfant magnifique, visant à incarner la loi du Père, le sujet hystérique ne consent pas à faire de l’autre son égal. Il souhaite en rester le maître (…). Il serait donc illusoire de penser qu’il suffit de faire du yoga pour renoncer à sa suffisance – de nombreux exemples témoignent du contraire – de même que beaucoup ne permettent pas à leur analyse de les dépouiller de leur infatuation.
L’ego (asmitâ) apparaît donc ici comme un roc de la structure. Et s’il est mis à l’épreuve dans la cure analytique par le biais de l’enfant phallique qui réapparait au grand jour, il représente l’obstacle de toute quête spirituelle dont l’éthique fraternelle est le dessein. Patanjali a fait du yoga un travail qui mène d’avidyâ, l’ignorance (le fait de ne pas voir, ou le refus de voir), à vidyâ, ; la lucidité ; et ce « voir » prend la valeur d’une réalisation spirituelle lorsqu’il parvient à déloger le sujet de son égocentrisme (asmitâ). Il revient alors à la personne qui s’engage dans cette voie, si sa recherche dépasse l’autosatisfaction posturale, de mettre en question les relations de domination égotique auxquelles elle soumet ses pairs. (…) Pouvons-nous laisser lettres mortes les intuitions de Patanjali à propos des klesha quand elles trouvent dans la clinique analytique tant d’écho à leur pertinence ? »

Il faut bien donner le change dit l’hystérique, si occupé(e) de lui/d’elle-même, arcbouté(e) dans son refus de la psychanalyse. Reprenons en guise de conclusion les dits de CBL : « Noyau de toutes les servitudes et de bien des souffrances, il (l’ego) entraîne avec lui maints déboires relationnels ».

Outre les yogas-sutras auxquels elle se réfère constamment, l’autre référence majeure de l’auteure réside dans « Les entretiens sur la théorie et la pratique -TKV Desikachar » (UEY 1980) sans oublier Levinas, Bouanchaud, T. Michaël et bien d’autres.

On peut seulement regretter que ne soit pas reprise en fin d’ouvrage la bibliographie émaillée au fil des 517 pages de ce livre passionnant.

 


pratique

Pratique « newsletter novembre 2014 »



Yoga est le fait de se lier, à l’autre, à soi dans une relation agréable et ferme dans laquelle le mental ne joue plus les perturbateurs. La posture,
âsana, en est le point de départ. Âsana, c’est être en assise, être dans son assiette ; le bassin y joue un rôle primordial. Pour cela il doit être stable et libre, une double qualité qui  lui permet d’assurer pleinement sa fonction d’accueil et de transmission de l’énergie qui nous anime.
C’est ce que je vous propose d’expérimenter dans la pratique suivante.
Ne forcez à aucun moment : votre respiration doit rester fluide.
Très bonne séance
Dominique Adda
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rencontre départementale entre professeurs

Suite à une réunion du bureau et à l’idée de Marie-Christine, notre présidente, je me suis proposée pour organiser la première rencontre interdépartementale entre professeurs.
Le sujet évident de ce mois d’octobre a été la rentrée, où comment gérer les aléas et désagréments de la mise en place de nouveaux cours par exemple.
Huit professeurs ont répondu présentes dont Marie-Christine qui a fait le déplacement depuis Paris. Des personnes aux profils différents (professeurs expérimentés, débutants ou encore en formation) étaient réunis ce jour là dans le même but d’échanger sur l’enseignement du yoga.
Les deux heures sont passées très, voire trop vite et l’échange s’est donc prolongé autour d’un thé offert par l’IFY-IdF.

J’ai proposé à tous, selon leurs envies, de m’envoyer un retour de cet après-midi que je me permets de partager avec vous.
 
« Des années que j'y pensais... des années que je n'avais pas l'énergie suffisante pour la lancer, pour m'en occuper... et puis voilà : le 6 octobre, je reçois dans ma boîte mail une invitation à une rencontre non pas départementale comme je me l'étais figurée, mais sur les 2 départements des Yvelines et du Val d'Oise, pas trop loin de chez moi. Il faut toujours commencer à petits pas si l'on veut cheminer longtemps.
[…] Et, ô surprise, quelques têtes bien connues, ... et d'autres absolument inconnues. La conversation s'engage bien vite, un peu à bâtons rompus, sur nos parcours, sur nos cours, sur nos façons de faire, débordant largement et assez rapidement sur des échappées vers la yoga-thérapie, vers les yoga-sûtras, vers l'usage du son et le rôle des métaphores dans l'enseignement, vers les problèmes de dos à redresser, mais aussi de la lenteur d'amorçage d'un nouveau cours collectif ou du pari des Activités Péri-éducatives que met en place la réforme de l'éducation, et qui peuvent nous ouvrir des opportunités. […]
Avec l'espoir de pouvoir recommencer avec une thématique plus précise, et de rencontrer davantage de professeurs du Val d'Oise! »
 
« C'était un très bon moment chaleureux et libre. […] Petit groupe donc chacun a eu du temps pour s'exprimer et échanger autour de la rentrée qui était le thème. […] C'est intéressant de voir comment chacun structure son projet d' enseignement; cela m'a donné de nouvelles idées... »
 
« C’est la proposition de se retrouver en plus petit comité qui m’a paru intéressante et de rencontrer les personnes qui exercent dans un même département, d’écouter aussi leurs problématiques et d’en parler ensemble. »
 
« En tant qu’élève en formation enseignante, j’ai encore mieux compris, grâce aux échanges de pratiques : l’importance des détails pratiques : règles de sécurité à respecter, comment gérer un élève qui arrive systématiquement en retard, comment introduire des sons dans un cours, le rôle des adaptations des postures. Plus globalement j'ai vraiment trouvé très enrichissant de rencontrer des professeurs et d'apprendre par leurs expériences. Un grand merci Annie pour ton chaleureux accueil. »

« Cet après-midi fut très agréable.Cela m'a permis de faire le point par rapport à mon enseignement: de me rendre compte que finalement nous rencontrons plus ou moins les mêmes "problèmes". [...] Durant cette rencontre, je me suis sentie confiante, car , comme à chaque rencontre de l'IFY, j'ai toujours ce sentiment d’appartenir à une grande et belle famille. Plus j'avance dans ma démarche du yoga (dans cet enseignement) et plus je me réjouie d'avoir fait le bon choix. »
 
J’ai été ravie d’avoir pu rencontrer des professeurs proche de chez moi et je souhaite pouvoir renouveler ces moments de partage.
J’espère vous avoir donné envie à vous, professeurs de l’Ile de France, de vous lancer dans cette démarche.
Une salle, un lieu, une idée ou tout simplement prendre le temps de se rencontrer.

Il vous suffit d’adresser un message à l’IFY IdF qui se chargera de la transmettre à l’ensemble de professeurs.

« Soyez toujours prêts à être surpris. » Swami Prajnanpad.


La forme par le yoga, les formes du yoga

Certains commencent le Yoga pour la forme, la forme dans le sens de la santé

La forme par le Yoga, les formes du Yoga

La forme par le Yoga

Oui, la santé est meilleure quand une pratique régulière et constante est installée, mais cela n'est pas non plus le moyen d'éviter tous les accidents de la vie.

Faire du Yoga dans l'objectif de ne plus être malade est un écueil.

Certes, la santé s'améliore, mais il faut sortir du fantasme de devenir un surhomme et ne pas instrumentaliser sa pratique dans cet objectif.

On se sent mieux dans son corps et dans sa tête dans les périodes ou l'on pratique que dans celles où ce n'est pas le cas.

La posture victime de son succès

D'autres vont venir au Yoga attirés par le côté postural, comme une gymnastique ou un sport.

Nombre de magazines, livres ou sites nous montrent des photos de pratiquants dans des postures extraordinaires. Ces pratiquants ont un corps souple et musclé et semblent exécuter ceci sans aucune difficulté.

Mais est-ce là le sens du Yoga ? Seuls les gens souples peuvent pratiquer ? Les femmes, sveltes, au physique attrayant ? Si une personne ne peut pas se plier en deux elle ne peut donc pas faire de Yoga ? Elle n'est pas « bonne » en Yoga ?

La société actuelle se préoccupe plus du contenant que du contenu, et le Yoga est victime de cette banalisation esthétique. A trop s'attarder sur la posture, on en oublie le sens de la pratique.

Les formes du Yoga

Il s'agit de distinguer la forme et le fond. Pratiquer les postures de façon aboutie ne veut pas dire être un grand yogi, cela veut juste dire qu'on a un grand entraînement.

La posture est importante, car elle permet de mettre en mouvement le corps et d'y accorder le souffle et le mental.

Peu de textes anciens nous décrivent les postures de façon précise. Ces textes nous disent par contre que la posture est équilibre entre force et détente, faire et laisser faire.

La pratique évolue au cours de la vie. De très dynamique quand on est jeune et en pleine santé, elle s'adoucit au fur et à mesure que l'on vieillit.

Les techniques respiratoires et de méditations prennent le pas sur la pratique posturale progressivement.

Lâcher prise

Il convient de lâcher prise, abandonner la recherche d'absolu afin de se confronter au réel.

Un autre point important de la pratique posturale est "sortir du contrôle", contrôle sur son corps, son souffle, son mental...

Faire le choix d'être dans l'accueil de ce qui est et non pas dans l'écueil de ce que l'on voudrait qu'il soit.

L'état de Yoga est à la fois une action, une façon d'être dans les postures, et une conséquence de la pratique.
Cet état apparaît si l'action est juste, et c'est à ce moment-là que se révèle toute la subtilité du Yoga : à chacun son action adéquate.

L'action juste vient du questionnement sur le comment et non pas en se fixant l'objectif du beau. La posture parfaite n'existe pas dans sa forme, mais elle naît d'une action appropriée.

D'autre part, l'objectif n'est pas la maîtrise. Maîtrise du corps, du souffle, du mental, l'ascèse du Yoga peut parfaitement entretenir la personne dans son fantasme de maîtrise absolue.

Obtenir du Yoga un corps très souple et musclé est possible, mais qu'en est-il de l'état de Yoga ? Qu'en est-il de l'ego dans ce cas ?

Tout cela doit nous mener à moins d'ego, plus d'acceptation de ce qui est. Si ce n'est pas le cas, il me semble important de réfléchir sur le "comment" de sa pratique.

Qualité relationnelle

Le Yoga repose sur 8 piliers, la posture est un de ces piliers, mais elle n'est ni seule ni principale, et un pratiquant doué physiquement n'est pas nécessairement un pratiquant de Yoga.

L'action est le révélateur de notre avancement sur le chemin. Et, la première de ces actions est notre relation à l'autre. Bien avant la posture les textes de Yoga nous questionnent sur le "comment nous sommes en relation".

C'est au travers de la qualité de nos liens que nous pouvons juger de notre avancement sur le chemin.

Ensuite ce que nous proposent les Yoga Sutra c'est le questionnement sur soi, le précieux svadhyaya "aller vers soi", second pilier de cet enseignement, à envisager sur le long terme.

Le troisième de ces piliers du Yoga est la posture.

Puis viennent les techniques du souffle.

Nous est expliquée enfin la méditation en trois étapes.

Ces 8 piliers décrivent le champ d'action du pratiquant et l'on s'aperçoit que la posture n'est pas le Yoga mais une composante de cet enseignement.

La forme propre

L'aboutissement de ce cheminement est la connaissance de soi. L'établissement dans son "sva-rupa" sa forme propre et la sortie de la confusion action/observateur.

Le Yoga est un chemin vers plus de discernement et, même si cela n'est pas toujours aisé, l'aboutissement est la sortie de la confusion moi/action synonyme de souffrance.

Un des moteurs de cette distinction est "shraddha", la confiance. La personne n'est plus sous le diktat des injonctions extérieures, mais en connexion étroite à elle-même.

Son action n'est plus en réponse à l'environnement, mais vient du moi, de l'être profond, de l'observateur, de l'âme appelez-le comme vous voudrez, mais cherchez le car c'est l'objet de la pratique.

Pour nourrir votre réflexion voici une citation signée Ania Teillard :

« Pressentir le soi, le chercher inlassablement derrière les apparences, donne le vrai sens à la vie. »

Philippe Le Masson




Carte Blanche à Orsay ...réduction pour vous adhérents de l'IFY-IDF

Chers adhérents,

Pour toute personne à jour de sa cotisation annuelle (élève, professeur, membre actif), vous bénéficiez d'un tarif préférenciel sur la carte Blanche Orsay, Orangerie.
 



Comment faire?
Tout simplement remplir le formulaire (sauf dernière partie), il est téléchargable sur le site du musée d'orsay carte blanche. Vous l'envoyez avec une envelope timbrée à votre adresse à Catherine Bertolini, 12 rue nationale, 75013 Paris.

Par retour du courrier vous recevrez le formulaire complété par nos soins et vous pourrez terminer la procédure d'abonnement.
La  carte blanche est valable une année date à date. Au choix formule solo ou duo ( pour venir avec un invité )

75343 Paris cedex 07

Cordialement,

Catherine Bertolini et le bureau de l'IFY-IDF.

L'urgence de ralentir. Reportage à voir en VOD

Auteur: 
LE MASSON Philippe



Moins c'est mieux!

Reportage de Philippe Borrel qui part aux quatre coins du monde à la recherche de ceux qui par leurs métiers, leurs choix de vie, leurs engagements vont à l’inverse et questionnent ce que nous propose la société actuelle. Face à l’emballement de l’économie, du toujours plus, plus vite, plus rentable, moins cher…certains font des choix qui les ramènent à plus d’humanité et d’harmonie. Ces témoins nous montrent un autre chemin. Pierre Rhabi, Edgard Morin,  l’école des va nus pieds…autant d’exemples qui questionnent nos comportements.
A voir urgemment et à méditer…

Pour voir le film : http://future.arte.tv/fr/sujet/decroissance#article-anchor-19606