Édition du CD « chant védique »

Auteur: 
NADOLSKI Laurent

Vous avez dit chant védique ?

Tradition multimillénaire, le chant védique est une des plus anciennes formes de psalmodie préservée à ce jour. Il puise ses racines dans les Vedas, textes sacrés « rédigés » en sanskrit et transmis oralement de génération en génération.
 
Quels bénéfices aujourd’hui ? Pour nous occidentaux ?

Sur un plan physiologique : le souffle est le support du chant. Chanter a des répercussions immédiates sur la qualité du souffle et de la respiration ; un premier effet est l’allongement du souffle et de ce fait un apaisement du mental.

Sur un plan énergétique : le fait de prononcer les mots en sanskrit a une action vibratoire profonde au sein de tout notre Être. La sonorité de cette langue particulière, langue révélée, « langue parfaite », induit cela.

Sur un plan émotionnel : entendre le son de sa propre voix révèle notre état intime et profond.

Sur un plan spirituel : chanter, par exemple la gāyatrī (hymne à la lumière), un des mantras les plus connus, permet de devenir soi-même Lumière lorsque nous sommes complètement présents au chant et respectons les règles de chant.

Ainsi le chant védique contribue à harmoniser les différents plans de notre Être en nous ramenant à notre Source.
 
Support de chant


Projet porté par Hélène Daude, ce CD est un support pour le chant védique avec les enregistrements sonores d'Hélène,  Élisabeth Libraire et Laurent Nadolski. Il comprend des chants ou extraits à une, deux ou trois voix.

Ces chants nous ont été transmis par des professeurs formés dans la lignée de T. Krishnamacharya à Chennai, Tamil Nadu, Inde.

Toute personne intéressée par le chant védique pourra utiliser ce CD comme support pour écouter et apprendre les chants du répertoire védique en complément de ses cours avec son professeur.

 

Informations pratiques

Prix unitaire : 15 € plus les frais de port 2,50 €
E-mail : helenedurga@hotmail.fr 
Sites internet : Site 1, Site 2
 
Article écrit par Hélène Daude et Laurent Nadolski.

    

Quel Yoga pratiquons-nous ?

A l'Institut Français de Yoga, le Yoga que nous pratiquons est avant tout respectueux de la personne

Quel Yoga pratiquons-nous ?

Quel Yoga pratiquons-nous ?
Quelle question étrange ! Besoin d'appartenance sécurisante ? La plupart du temps nous sommes heureux, en accord avec le Yoga que nous pratiquons, et la question ne nous vient pas à l'esprit.

Si elle se pose, en général, c'est que quelqu'un nous questionne... Et la réponse n'est pas facile car nous devons faire le tri.

En effet se retrouvent dans "le même sac", la définition du Yoga, les différents Yoga, et les différentes écoles !

Comment s'y retrouver, et que dire ?

Pour ma part, je n'élude pas la question, mais je demande à la personne qui me la pose : "qu'est-ce que le Yoga pour vous ? Quel Yoga connaissez-vous ?"

Ces simples questions ont toujours été des bases de départ solides pour clarifier les choses. Elles ont aussi le mérite d'ouvrir un dialogue, même court, qui prend en compte notre interlocuteur et illustre dès ce moment la notion d'adaptation, point fort de notre école.

Voici quelques points qui peuvent étayer nos réponses selon les demandes...

LE Yoga

Le Yoga est UN avant tout !

Discipline psychophysiologique millénaire embrassant toutes les facultés humaines, il est l'un des six systèmes philosophiques de l'Inde, appelés darshana, dont le but est d'atténuer la souffrance humaine.

Ce terme signifie "miroir, point de vue" : à ce titre, le Yoga va nous renvoyer notre image, nous permettant de nous découvrir peu à peu sur tous les plans.

De notre relation à l'autre jusqu'à celle que nous pouvons avoir avec ce qu'il y a de plus intime et vrai en nous, explorant toutes les facultés nous permettant d'être dans la vie, le Yoga a pour but de pacifier notre mental.

Pour cela il nous offre différents moyens qui nous donneront l'occasion de maintenir notre esprit dans un état d'éveil et orienté dans une seule direction.

Le Yoga que nous pratiquons

Le Yoga que nous pratiquons est avant tout respectueux de la personne.

Il prend en compte ses aspirations, ses possibilités et la relation qu'elle peut avoir avec son environnement (culturel, familial, professionnel).

Il prend appui sur le traité essentiel du Yoga, le Yogasûtra de Patanjali et plus particulièrement sur l'aphorisme 6 du troisième chapitre où nous trouvons la notion de "viniyoga" : dans la conscience de notre point de départ, nous avançons peu à peu, par étapes, vers plus de clarté sur nous-mêmes et la manière dont nous menons notre vie.

Ne pas brûler les étapes, mais avancer progressivement dans la Vie qui est la nôtre.

A cette fin, le pratiquant pourra choisir des cours collectifs ou individuels. Il pourra approfondir sa démarche en participant à des ateliers, et peut-être faire le choix d'une formation de professeurs dans le but de transmettre ce qu'il a reçu.

Un cours de Yoga à l'IFY

Chaque cours comporte plusieurs postures conduisant au but choisi par le professeur.

Elles sont pratiquées en dynamique et/ou en statique, se succédant les unes aux autres dans un ordre rigoureux.

La respiration y joue un rôle essentiel ainsi que le point d'attention proposé par le professeur.

La séance se termine généralement par une assise avec une attention spéciale à la respiration (prânâyâma) accompagnée ou non de techniques, de rythmes, ainsi que d'un moment de silence ou de méditation (dhyâna).

Le professeur peut aussi faire le choix d'intégrer quelques sons ou quelques moments de relaxation lors du cours.

La pratique est guidée sous le regard bienveillant du professeur, attentif au respect des possibilités de chacun, ce qui pourra l'amener à proposer certaines adaptations qu'il peut juger nécessaires pour le bien-être physique et psychologique du pratiquant.

C'est avec une pratique progressive, bien adaptée, accompagnée de l'effort juste qui préserve la détente, que nous vivrons avec davantage de conscience et une meilleure santé.

Notre école de Yoga

Elle s'inscrit dans la lignée des yogis T. Krishnamacharya et TKV Desikachar, son fils, qui fut aussi son élève.

Outre les aspects décrits, respect de la personne, adaptation (viniyoga), T.Krishnamacharya a mis l'accent sur l'importance de la respiration (prânâyâma), particulièrement sur le rôle de l'expiration, la relation des postures les unes avec les autres (vinyâsa), la notion de compensation (pratikriyâsana), l'orientation du mental (bhâvana)... mais il a aussi ouvert la pratique du chant védique à tous, et celle du Yoga aux femmes !

Et le Hatha Yoga ?

Voici une question à laquelle il est difficile de répondre car elle prend appui sur un "semi-malentendu".

En effet, s'il existe différents Yoga (bhakti, jnâna, kriya, karma...) dont la description dépasserait le cadre de ces lignes, il est "un Yoga" célèbre, à défaut d'être bien compris, qui est celui que nous pratiquons ou pensons pratiquer : le Hatha Yoga.

Ce terme fut employé au siècle dernier lors de l'arrivée du Yoga en Occident. Il est tiré du titre d'un texte ancien, la Hatha Yoga Pradîpikâ, "la petite lampe du Hatha Yoga".

Curieusement, on trouve très peu de postures dans ce texte, alors que nous en connaissons beaucoup, et des techniques très particulières que nous ne pratiquons pas !

C'est pourtant sous cette dénomination que l'Occidental pratique le plus souvent le Yoga...

Dire que nous faisons du Hatha Yoga n'est pas conforme à ce texte, mais c'est bien souvent la réponse qu'attend un futur adepte déjà initié au Yoga. Il comprend qu'il fera des postures, peut-être des respirations et de la méditation. Le temps viendra probablement un jour où nous pourrons approfondir les choses...

Le texte montre une évolution qui est celle que nous suivons sur notre tapis de pratique ; nous sommes tout d'abord sensibles aux mouvements de notre corps, puis à ceux, plus subtils, de notre souffle.

Nous cherchons ensuite à maîtriser l'énergie qui circule de plus en plus librement dans un état d'intériorisation profonde culminant dans la méditation. Hatha Yoga devient alors Rajâ Yoga !

Que tout ceci ne nous fasse pas oublier l'essentiel : cette pratique qui est la nôtre, assidue, faite avec confiance et courage, et qui nous amène parfois à la "Joie infinie", Joie où, tout besoin de repères effacé, il n'y a plus de questions !

Dominique Adda, Formatrice à l'IFY




Film "Le Souffle des Dieux"

Nous vous invitons à aller voir au cinéma ce film qui sort prochainement

Le yoga moderne, celui qui est pratiqué quotidiennement par des dizaines de millions de personnes à travers le monde, descend directement du dieu Shiva selon la tradition indienne. Historiquement cependant, une des formes modernes du yoga remonterait au début du vingtième siècle sous l'inspiration d'un érudit indien T. Krishnamacharya (1890-1989). C'est cette histoire beaucoup moins connue que raconte ce film, et l'occasion de découvrir qui était  Krishnamacharya, source de l'enseignement de vos professeurs.

AVANT PREMIERE EXCEPTIONNELLE

LE 18 MARS 2014 A 20h15

AU CINEMA LE PUBLICIS
133 Avenue des Champs-Élysées

Séance en présence de TK Sribhashyam et Jan Schmidt Garre le réalisateur


Plus d'informations sur le lien suivant http://www.jupiter-films.com/film-le-souffle-des-dieux,43.php



Les autres dates : http://www.jupiter-films.com/film-actualites.php?id=43


partage de lecture :AUTOBIOGRAPHIE D’UN YOGI

Paramahansa Yogananda : autobiographie d'un yogi

Paramahansa Yogananda : autobiographie d'un yogi

D'origine bengalie, les parents de Paramahansa Yogananda ont très tôt été les disciples d'un grand yogi, Lahiri Mahasaya.

Il est instruit de la culture indoue classique avec le Mahabharata et le Ramayana.

En 1901, alors âgé de huit ans, le choléra asiatique faillit l'emporter : sur le conseil de sa mère il s'agenouille devant le portrait du guru (décédé en 1895) et est bientôt enveloppé d'une vive lumière qui se répand dans la pièce.

Les symptômes disparurent, il est guéri.

Les médecins à l'époque ne savaient pas guérir la maladie.

La préparation

Après avoir terminé sans enthousiasme ses études secondaires, il rencontre en 1910 après de nombreuses visions, son maître spirituel Sri Yukteswar qui lui dit : « Mon enfant, que d'années je t'ai attendu ! ».

Il obtient une licence en philosophie et lettres à l'Université de Calcutta et devient en 1915 (il est né en 1893) moine dans l'ancien ordre monastique des Swamis (moines hindous).

Il fait la connaissance de nombreux saints de l'Inde, ouvre une école de Yoga. En 1920, il a une vision de l'Amérique avec des visages qu'il verra effectivement plus tard.

L'ère américaine I

Sri Yukteswar lui demande d'aller au Congrès International des Religions à Boston :

« Oublie que tu es né parmi les hindous, mais n'adopte pas pour autant toutes les manières des américains ; prends ce qu'il y a de meilleur dans les deux peuples. Ta puissance sur les âmes sincères sera très grande, partout où tu iras, même dans les solitudes, tu t'attireras des amis ».

Le voyage dure deux mois ; à son arrivée Yogananda est reconnu et donne déjà des conférences. Il reste aux Etats-Unis, s'établit en 1925 à Los Angeles où il fonde une école – la Self-Realization Fellowship - que des dizaines de milliers d'étudiants américains fréquentent.

Ses principaux enseignements sont fondés sur la méditation et la pratique de certaines techniques de Kriya Yoga, que l'on peut traduire par l'union divine par l'action.

Retour en Inde

En 1935 il entend intérieurement la voix de son guru qui lui demande de revenir en Inde : « Je vais bientôt quitter mon corps, reviens ». Il part avec son secrétaire en passant par l'Europe où il rencontre Thérèse Neumann, stigmatisée catholique.

De retour à Bombay il reçoit un accueil triomphal partout où il passe et retrouve enfin son maître avec une grande émotion. Celui-ci lui dit : « Mon œuvre sur terre est désormais achevée, c'est à toi de la continuer ».

Il meurt pendant que Yogananda participe à la grande fête de la Kumbha Mela, à la grande tristesse de son disciple. Cependant il lui apparaîtra quelque mois plus tard : « Mon fils, désormais tu as compris que je suis ressuscité par décret divin » et lui révèle sa mission dans l'au-delà.

Yogananda poursuit son voyage en Inde, rencontre Gandhi et bien d'autres personnalités remarquables, comme une femme yogi qui ne mange pas.

L'ère américaine II

En 1936 il repart en Occident en passant par l'Angleterre et poursuit son travail jusqu'à sa mort en 1952.

Invité à une soirée en l'honneur de l'Ambassadeur de l'Inde aux Etats-Unis, il lit un extrait d'un de ses poèmes My India :
« Là où le Gange, les forêts les cavernes de l'Himalaya et les hommes rêvent de Dieu. Je suis sanctifié, mon corps touche ce sol ».

Il tombe à terre, un sourire de béatitude aux lèvres. Entré en état de mahasamadhi, qui est la sortie finale volontaire et consciente des grands yogis, il était en parfaite santé.

En 1946 il a publié son autobiographie (Editions Adyar), remplie d'anecdotes, de récits et d'expériences surprenantes voire extraordinaires.

C'est l'un des très rares ouvrages sur les sages de ce pays écrit non pas par un occidental mais par un authentique yogi indien.

Témoin oculaire de la vie et des pouvoirs des saints de l'Inde moderne, Yogananda explique avec clarté les lois qui permettent aux yogis véritables d'atteindre la maîtrise de leur esprit... et d'accomplir de véritables miracles.

Ce livre ne passionnera pas seulement les pratiquants de Yoga - et parmi eux les lecteurs des Yogasutras de Patanjali - mais captivera tous les lecteurs par la façon humble et directe dont son auteur met en lumière l'unité sous-jacente à toutes les religions.

Partage de lecture : Catherine Vautier-Peanne

Paramahansa Yogananda : autobiographie d'un yogi - J'ai Lu n°8461





LA RÉCITATION CHANTÉE DU YOGA-SUTRA DE PATANJALI

Auteur: 
DAUDE HELENE

Le Yoga Sutra de PATANJALI je l'ai découvert en 1998, c'était ma première année de formation avec Frans Moors et Claude Maréchal.

J'ai appris à chanter les sutras avec Frans Moors et Elisabeth Libraire, professeur de la FNEY, et j'ai aussi beaucoup répété à partir d'une cassette audio un enregistrement de T.K.V.Desikachar. Je n'ai eu de cesse depuis de chanter les sutras, de les faire miens en les "mâchant" lentement, délicieusement, de m'en nourrir. 

Que m'a apporté cette façon de travailler ?

L'apprentissage se fait par la répétition et par imprégnation, c'est cela qui permet de mémoriser les aphorismes.

Est-ce que l'on vous a chanté des chansons lorsque vous étiez enfant ? Des berceuses ou des comptines ? Pour ma part je garde en mémoire des chansons toutes simples que ma grand-mère me chantait quand jétais petite. Aujourd'hui encore il m'arrive de fredonner ces chansons que je connais "par coeur" depuis toujours. 

Il y a une mémoire des sons, de la mélodie, qui se fait presque malgré soi, et qui peut être resituée sans effort. C'est cela que j'appelle apprendre par imprégnation. La mémoire du texte vient après, les paroles reviennent car la mélodie est là bien vivante.

L’apprentissage des yoga sutras peut se faire de la même façon, d’abord l’écoute qui implique de l’attention, de la concentration, puis la répétition de ce que l’on entend. Il y a mémorisation. Le décryptage du sens vient ensuite.

Le fait de chanter les aphorismes en sanscrit, dans la langue d'origine, me semble très important, car la langue même, les sonorités de cette langue, les vibrations sonores, ont une action sur le corps et sur l’esprit.
On peut travailler ensuite toute une vie sur le sens et la portée des yoga sutras.

Yoga, vers la connaissance de soi

 

YOGA,

  VERS LA CONNAISSANCE DE SOI

 

 

 

 Celui qui se tourne

 vers le yoga ressent au fond de lui un appel :

 le besoin vital de connaître son être profond,

 de découvrir sa vraie nature.

 Commence alors pour lui un long cheminement.

 


 

 

Accorder sa confiance

Au commencement il y a la confiance (shraddha). D’elle découlera tout le reste. Sans elle, rien n’est possible, comme l’enfant met sa confiance en ses parents, lien sans lequel il ne peut grandir, le témoignage de ceux qui sont plus loin sur la route, est là pour nous éclairer. Les croire, c’est d’abord les écouter. Confusément, nous pouvons déjà pressentir la réalité de notre dimension spirituelle mais l’aide d’un professeur est nécessaire pour nous guider sur ce chemin d’intériorité. La position juste consiste alors à donner sa confiance pour être prêt à recevoir l’enseignement.

 

Une démarche progressive

Ce retour sur soi nécessite du temps, de la patience, de la persévérance. C’est un long travail, un champ à cultiver sans relâche, mais sans forcer. Tout est question de dosage. Ce n’est pas par la force que l’on franchit le seuil qui mène au cœur de soi-même ! Peu à peu, la prise de conscience de cette dimension intérieure commence à s’installer de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps.

Seulement voilà, les rechutes sont toujours possibles et la vigilance est de mise. Malgré tout ce travail, nous ne sommes pas assurés du résultat ! Et comble d’ironie, Patañjali, l’auteur des yogasūtra, nous indique que les fruits produits par cet engagement quotidien, seront à abandonner (abhyasā-vairāgya). Nous attacher à la légère découverte, au bonheur ressenti, à la paix goutée est un piège si nous voulons coûte que coûte les garder et les posséder. En d’autres termes, il nous dit : « voyager léger, vous aurez plus de chance d’arriver ». Si je trébuche sur un obstacle, il me faudra me soigner, me relever et repartir, continuer, recommencer en utilisant tous les moyens qui sont à ma disposition. Quels sont-ils ? Que propose le yoga ?

 

Des instruments pour avancer

Le yoga est un outil aux multiples facettes (posture, āsana ; contrôle du souffle, prānāyāma ; concentration, chant et récitation de texte, méditation, dévotion active…) qui tendent toutes vers un seul but : la découverte de notre être profond.

Patañjali nous rappelle au quatrième chapitre des yogasūtra que la nature est auto évolutive. Notre véritable nature est là, lovée au creux de nous-même, en germe, en attente d’être développée, d’être délivrée. Mais les obstacles rencontrés sont nombreux et encombrent le chemin. Notre travail consiste à les ôter ou à les contourner. Le ménage est sans cesse à faire et à refaire car la poussière obscurcit cette lumière intérieure et nous empêche de voir clair. Pourquoi cette variété d’instrument ? Nous sommes tous différents et le yoga tient compte des individualités. Chacun cherchera puis trouvera les directions qui l’intéressent, qui lui plaisent, qui le font progresser et les proportions dans lesquelles il introduira telle ou telle activité dans sa pratique.

 

L’importance des textes sacrés

Consacrer du temps à chanter, à réciter des textes datant de plusieurs siècles en sanskrit de surcroît, voilà qui semble bien inutile et dénué de sens pour la majorité de nos contemporains. Et pourtant… Dès le début, nous nous retrouverons face à nous-même. Dans la confusion d’abord. De nouveaux repères sont à trouver. Le besoin d’aide se fait sentir sur chaque mot. Tout est à apprendre. Tout est difficulté. Grâce à cette expérience, je comprends mieux mes propres élèves et je pense plus judicieusement aux mécanismes d’apprentissage et de mémorisation qui doivent lentement se mettre en place. Puis, pas à pas, nous sortons de la confusion, les choses s’éclaircissent. Les sons, les syllabes deviennent identifiables, les mots reconnaissables, un début de sens se dessine. La pratique de la récitation chantée à la fois une tonicité générale (abdominale, dorsale et mentale) et un lâcher prise suffisant afin que les sons sortent clairs. A cette exigence de tonicité et de relâchement s’associe une concentration de tous les instants pour que les syllabes s’enchaînent avec justesse sur les longueurs, les accents toniques. Ainsi reliés à nous même, c’est bien du yoga que nous pratiquons. Par la répétition, ces textes commencent à nous habiter, ils deviennent disponibles pour nous aider à comprendre le monde, à agir avec discernement, à choisir la voie qui nous guide vers la découverte de soi.

 

Les bienfaits du yoga

A quoi tous ces efforts vont-ils servir ? Quels bénéfices vais-je en retirer ? S’il est vrai que le chemin apparaît quelques fois long et tortueux, il n’est pas moins vrai que certains bénéfices arrivent très tôt. Dès les premières séances de yoga, une amélioration physique et un bien être se font sentir. Profitons de ces instants savoureux où le corps se détend, se tonifie, se déploie, se libère.

Mais les beaux jours ne sont pas toujours là. Et, de temps à autres, quelques problèmes de santé viennent rompre l’harmonie : un rhume, un mal de dos, une rage de dents, une migraine. En surface, tout est trouble, remué. Pourtant si nous plongeons en notre centre, ce qui s’agite à l’extérieur perd de son influence. Laissant à la surface ce nez bouché ou ces maux de tête, nous retrouvons un endroit à l’abri des tourmentes extérieures, un lieu de paix inaltérable. Il y a en chacun une intériorité profonde à découvrir, un espace intime, un lieu de l’être, purusha… Chacun trouvera le nom qu'’il désire lui donner car cette réalité où tout est serein, inchangé, éternel dépasse les mots.

Quand le dérèglement physiologique est mineur et passager, cet endroit peut sembler accessible, mais quand la maladie est plus grave, irréversible peut être, est-il possible d’atteindre la paix ? Un ami me racontait être allé rendre visite à un homme atteint d’un cancer déjà très avancé. Et cette personne lui dit paisiblement : « Moi, je vais bien, mais ce corps à passer une mauvaise semaine ».

Bien que la maladie soit le premier obstacle cité à l’aphorisme I.30, l’exploration subtile de notre être intérieur accompagnée d’une grande lucidité sur nous-même, peut nous aider à atténuer nos souffrances (I.36) : il s’agit finalement de ne pas confondre notre vraie nature avec ce que nous ressentons (II.37). Se placer là, au centre de soi-même permet de mieux accepter les pathologies que l’on ne peut faire disparaitre.

Un moyen proposé pour atteindre l’état de paix intérieure est « īshvara pranidhāna». Il consiste à faire de son mieux et à se détacher des résultats de l’action entreprise, à accepter ce qui nous dépasse. Cette attitude quotidienne d’ouverture au plan profond suppose l’abandon à une force supérieure. Pour un croyant, la foi en Dieu est présentée comme le moyen le plus efficace.

Au niveau des tensions psychologiques, la recherche de ce lieu habité par notre être profond est une façon pour prendre un recul face aux agressions souvent répétitives de l’environnement. La prise de conscience de ce « principe intérieur » permet de relativiser les événements, de dédramatiser les situations quotidiennes, et pourquoi pas, se développer de l’humour sur soi au regard de nos réactions parfois inadéquates. L’amélioration de nos relations avec les autres devient tangible. Je reçois le bulletin de notes trimestriel de mon fils. Plutôt moyen, décevant. En un clin d’œil, mes mécanismes anciens se mettent en route : déception, réprimandes, demande accrue voire excessive de travail de ma part, relation autoritaire. Un temps d’arrêt… je réfléchis. M’assoir quelques instants, me poser, me « proposer » d’entrer en moi-même. Là, une évidence apparaît : « je suis libre de faire autrement ». Dans cet espace de liberté et de vérité jaillit une réponse différente au problème posé, une réponse avec plus d’amour, qui permet d’évoluer et non d’enfermer. Une réponse qui me libère de mes automatismes et libère aussi le jeune tout en le renvoyant à lui-même : « que ressens-tu ? Quelle place donner à ces résultats ? Que souhaites-tu modifier pour que cela change ? En fait, qui es-tu ? »

Se tourner vers l’intérieur réduit les obstacles (I.29), change notre regard, notre écoute, met en lumière ce qui est vraiment important : cet espace où nous faisons l’expérience du permanent, de l’inaltérable. Progressivement, nous pouvons vivre de plus en plus souvent dans la conscience de notre profondeur qui est disponible à tout instant, en toute circonstance. Il suffit d’y être attentif, de tenter de s’y ouvrir. Chemin faisant, le monde extérieur va perdre de son intérêt, la vie intérieure pourra devenir le sujet privilégié de notre recherche. L’unification de notre être est en cours. Pour qui le désire, il ne restera bientôt plus qu'’un seul objectif à poursuivre : la découverte de soi ou de l’entité spirituelle pour le croyant. Comment décrire ce plan profond qui nous caractérise en temps qu'’individu ? Est-ce un coin de paradis caché à découvrir ? Une présence spirituelle ? Est-ce vivre l’instant sans être parasité par le passé et l’avenir ? Est-ce différent pour chacun ? En fait de quoi s’agit-il ?

 

La nature sereine de l’âme

Il existe autre chose que le mental, cette autre réalité est supérieure au mental et en est le maître. Elle perçoit toujours tout, est un témoin qui nous habite. Le texte le nomme « drashtr », « celui qui perçoit ». Ce principe spirituel est toujours relié au corps, à la matérialité. Sa découverte patiente amène le détachement, améliore la compréhension de soi et accroit le discernement. La pratique du yoga nous mène à prendre conscience de « drashtr », notre véritable nature. « je » ne suis ni mon corps ni mon mental avec son cortège de sentiments, d’émotions, de réflexions : « je » suis «drashtr ». L’étape ultime est la capacité à distinguer le mental en paix qui fait partie du plan matériel (monde manifesté) et de « l’entité qui perçoit » qui fait partie du monde spirituel (non manifesté). Arrivé à ce niveau de conscience pure, s’épanouit un état de bonheur et de paix. La béatitude, la libération, la sérénité peuvent éclore. Cet état unifié l’état de yoga. L’enjeu est de taille. Toute une vie y suffit à peine. Mais quelle merveilleuse perspective !

 

Jocelyne Chavel-Boubour


Sentir

Le propre du Yoga n’est-il pas d’être à l’écoute de nos sensations ?…
Sentir, sentir, et si nous déclinions ensemble quelques significations du verbe sentir
pour en jouer ensemble ? Qu’en pensez-vous ? Ça y est , prêt, prête ?

 

SENTIR : 

en pénétrant dans la salle de Yoga, dans cette pièce éclairée, spacieuse, aérée ouverte sur un petit jardin => Sentez en fonction de vos dispositions physiques et morales « Vous vous sentez calme, apaisé, serein déjà détendu et heureux à l’idée de ce voyage intérieur que vous allez accomplir en vous laissant guider par la voix de votre professeur ».

SENTIR : en débutant le travail de la posture par l’écoute du corps, des sensations physiques, l’appui sur le socle puis progressivement la finesse des étirements musculaires, => Sentez, la perception physique de votre travail « Vous sentez la pesanteur de votre corps jusque dans vos pieds, votre colonne vertébrale qui s’étire en douceur essayant d’atteindre un point toujours plus haut, tenez une légère tension dans la nuque …

Vous l’aviez oubliée celle-là, n’est-ce pas ? ».

 

SENTIR : en prolongeant l’expiration puis l’inspiration, => Sentez, la perception olfactive « le souffle vous permet de capter la douce chaleur de la pièce, le parfum exhalé par les premières jacinthes du jardin…».

 

SENTIR : en portant plus d’attention au mouvement, à l’exactitude du geste, vous décidez avec un peu de volonté de chasser vos pensées périphériques. Vous vous concentrez donc …Ca y est enfin : vous êtes présent à ce que vous exécutez…. C’est le présent vécu à la fois dans l’intensité  et dans la plénitude rien d’autre n’existe, => Sentez, votre conscience intérieure de l’instant présent « vous redécouvrez l’unicité du TOUT : socle, corps, esprit. Tout converge».

 

SENTIR : intuitivement vous mettez à jour votre besoin de tenir la posture en statique, de prolonger en douceur cet étirement dans lequel vous êtes bien installé.

=> Sentez, vous reconnaissez vos prédispositions intérieures « vous maintenez doucement et fermement la posture, cette attention à chaque partie de votre corps vous permet de progresser».

 

SENTIR : l’écoute du ressenti du corps en fin de séance vous permet d’en constater les effets puis de discerner une future posture lors de votre prochaine séance.

=> Sentir : la connaissance directe de soi « vous avez identifié le besoin de travailler davantage la zone des vertèbres cervicales toujours un peu douloureuse mais aussi cette torsion qui est si agréable et puissante…».

 

SENTIR : l’effort d’ensemble mené en cohérence par le groupe d’élèves dont vous faites partie. Cette reconnaissance du travail accompli par tous et chacun à la fois est porteuse d’une émotion intense et partagée à l’unisson => Sentez l’émotion provenant d’une situation qui vous est  extérieure

« Notre professeur, est aussi émue que nous tous, ses élèves, face au travail qui vient d’être  réalisé. Et c’est donc ensemble que nous nous inclinons tous dans une salutation profonde et sincère devant l’enchantement et la gravité du travail commun pour remercier de cet instant partagé…».

 

Sentir, sentir… voilà 7 significations différentes du verbe sentir….Nous avons identifié :

 

=> Sentir : en fonction des dispositions physiques et morales de l’élève.

=> Sentir : la perception physique du travail

=> Sentir : la perception olfactive

=> Sentir : la conscience intérieure de l’instant présent

=> Sentir : la reconnaissance des prédispositions intérieures

=> Sentir : la connaissance directe de soi

=> Sentir : l’émotion provenant d’une situation qui nous est extérieure Il en existe d’autres, ne voudriez-vous pas en chercher d’autres ?

Amusez-vous bien, n’en oubliez pas pour autant de pratiquer !

 

Odile Delacroix-Hochet

Anne –Laure Guignard


Le chant des Veda

La  récitation chantée des Veda permet de se relier à une tradition très ancienne de l’Inde, qui remonte à plus de 2000 ans avant notre ère. Entendus par des sages en méditation, les Veda sont rédiges en sanskrit.

Le mot « Veda » vient de la racine sanskrite « vid » qui signifie «  savoir, connaître ».

Ces textes mettent en valeur la relation de l’homme avec l’univers et l’ordre cosmique. Ils proposent aussi une  réflexion sur les responsabilités sociales et individuelles de chacun. C’est avant tout une quête de l’Absolu.

La récitation chantée des Upanishad, forme la plus achevée de ces textes, engage le récitant dans une démarche qui sollicite à la fois le corps, le souffle et le mental. Le corps bien pose dans son socle devient caisse de résonance. La voix, portée vers l’extérieur par l’expiration, reflète l’état d’âme dans lequel on se trouve. Ce travail respiratoire conduit a un état de purification physique et mentale. Les pratiquants peuvent vivre une expérience de stabilité alliée à un état de concentration propice à la méditation. Et il est possible alors d’observer la face mystérieuse du son : le silence.

Helene Daude

 

 


Le sage Vyasa

A l’origine, ces textes sacres existaient de facon independante, repandus dans tous les coins de l’Inde selon les ecoles et les lignees. Vyasa, un sage, pressentant une degenerescence possible de la civilisation hindoue, voulut synthetiser cette masse de connaissances. Il decida de faire une synthese ecrite de tous ces  enseignements epars et a ainsi compile le Veda.

Ce texte sacre fondamental n’a donc pas ete ecrit par un seul homme, mais par des centaines d'etres humains au cours de plusieurs siecles, voire plusieurs millenaires. Les veda sont organises en quatre volumes : le Rig veda, le yayur veda, le Sāma veda et le Athara Veda. En plus d'avoir fait une compilation des veda, on peut trouver les enseignements de Vyasa sous la forme de la Bhagavad Gita, du Mahabharata, des Brahmas Sūtra.

 

Sources :

Vedic Chant Companion

TKV Desikachar with Kausthub Desikachar

Traduit par Martine Duchon

 


   Vyasa dicte le Mahâbhârata, bas-relief de
   la Sapèl Pandialé, Colosse",
   à Saint-André.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Méditer oui… mais comment

 

L a méditation semble de plus en plus présente dans les mots, les exhortations, les voeux pieux d’un futur plus ou moins immédiat…et l’intérêt qu’elle suscite grandit de jour en jour. Pourtant, passer de l’intérêt à «la pratique» ne semble pas si évident. Peur de tomber dans un mysticisme qui ne nous correspond pas ? Manque de temps ? But trop lointain ? Il n’est pas rare que nous remettions à plus tard… à trop tard !

Qu’entend-on par méditation ? Il est vrai que pour l’occidental, méditer est parfois proposé comme l’occasion possible de se poser, une forme de relaxation en quelque sorte, et peut effrayer l’actif qui ne peut s’imaginer rester assis à ne rien faire face à ce qu’il nomme alors le vide. Méditer, c’est aussi, nous dit le Petit Robert «se soumettre à une longue et profonde réflexion», généralement pour faire le tour d’un problème et lui trouver une solution. La méditation, dont il est question dans notre démarche en yoga se situe pratiquement à l’opposé de ces deux notions. Il s’agit, bien au contraire, d’offrir à l’esprit la possibilité de se taire. Il va alors donner à se connaître, devenir de plus en plus clair, transparent, par le dépôt progressif des mémoires qui lui sont chères. C’est grâce à cette transparence que nous pourrons peu à peu appréhender la vie dans sa réalité et non plus dans ce que nous y projetons. Il en est de la méditation comme de la posture : c’est dans le juste maintien de l’esprit dans une seule direction, sans tension ni mollesse, qu’un espace heureux va s’ouvrir  progressivement. Comment l’Être que nous sommes, pourrait-il résister à une telle invitation ?

Dominique Adda