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Témoignages

Catherine, Carole, Claire et Armelle témoignent…

La crise du covid-19 a frappé fort dans la vie de chacune et de chacun. Que ce soit sur le plan personnel ou relationnel, nous avons tous été touchés, bousculés, affectés parfois avec une grande violence. Selon la situation, nous avons été invités à être présents, actifs, créatifs, en un mot fermement installés dans le présent, portés par ce qui relie l'HUMAIN en nous, le YOGA.
Nous publions dans cette Newsletter de rentrée les récits d'une pratiquante  et de deux professeures et de yoga « confinées ».

 
Photo : Gil Ribeiro

De la solitude au partage
par Catherine Vautier


Le confinement brutal m'a mise de but en blanc devant le désir de partager, tout en n’étant qu’une simple pratiquante, ce que j’avais reçu, jour après jour, des enseignants de l'IFY depuis de nombreuses années – trente-huit ans!. Pendant deux semaines j'ai pratiqué seule chaque matin comme je le fais d’habitude, et chaque soir je m'asseyais devant mon « élève » et donnait une séance de yoga avec le plus d'attention possible à un autre corps que le mien…
Cela a été tout sauf facile. Je me suis alors tournée vers le site d’une association de professeurs de l’IFY-IDF qui publie régulièrement des séances audio extrêmement bien articulées et diversifiées. Devant participer à un stage cet été avec un formateur de l’IFY, ce dernier m'a invitée à ses séances sur Zoom et fait bénéficier des enregistrements audio, très commodes à utiliser car on peut choisir son moment pour pratiquer. Ma reconnaissance envers ces professeurs n'a que la limite du dicible, car dès ce moment j'ai été soulagée, et ai moi-même pratiqué ces séances le matin, mon « élève » à mes côtés dans une parfaite équanimité.
 
Je me suis rendue compte de la difficulté qu'il y a à enseigner, et j’ai vivement regretté de n'avoir pas suivi la formation. Le confinement m'a donné envie de pratiquer encore plus qu'avant... Grâce à des enregistrements, j'ai enrichi ma pratique personnelle et continue d'y avoir recours de temps à autre. C'est plutôt le déconfinement qui est difficile, les séances via un ordinateur sont un pis-aller, et la solitude sur le tapis n'en est que plus forte. Sans parler des aléas de la connexion internet. Il va sans doute falloir s'habituer à cette nouvelle façon, mais l'échange n'est plus le même.
Carpe diem !

« J’ai pratiqué chaque matin… »
par Carole Charpentier, professeure IFY

Comme toujours, et encore plus pendant ce confinement, le yoga a été fondamental pour moi. Plus qu'un soutien, il est un véritable appel pour moi et fondamental dans ma vie.
J'ai pratiqué chaque matin, avant de télétravailler, plus que d'ordinaire donc, et c'était mon ancrage, mon oxygène, mon ressourcement, ma connexion avec mes forces à la fois physiques et spirituelles si importantes pour moi en cette période de peurs largement relayées dans les média.
J'ai aussi envoyé des séances à mes élèves, et comme nous n'avons pas encore repris car en zone orange, des petites vidéos.
Je remercie chaque jour le ciel et la vie de m'avoir mis sur la voie du yoga depuis l'âge de 20 ans – j'en ai aujourd’hui 58 (les gens disent que j'en fais quinze de moins, ha ! ha !, il parait que c'est grâce aussi au yoga…).
Bien fraternellement
Namasté

«  Une période riche pour s'adapter, se ré-inventer »
par Claire Lemeunier, professeure IFY

Je suis professeur depuis 2018, formée et toujours élève auprès de Laurence Maman. L'annonce du confinement a tout d"abord été accueillie pour moi par un soulagement. Ayant accepté trop d'heures de cours de yoga cette saison, j'avais besoin de me reposer pour retrouver de l'énergie.
Je voulais néanmoins garder le contact avec les pratiquants et j'ai donc mis en place assez rapidement des séances en direct plusieurs fois par semaine, les même séances en PDF et parfois des enregistrements sons pour des relaxations.
Il m'a fallu un temps d'adaptation. Se retrouver face à un ordinateur pour animer les séances me paraissait au début vide de sens. Mais une fois familiarisée avec les outils informatiques, ce lien créé avec les pratiquants m'a permis de garder un rythme tout en profitant des belles journées de printemps (j'habite à la campagne, à proximité d'une forêt). Pendant cette période psychologiquement perturbante, les outils du yoga ont été une aide pour de nombreuses personnes et aussi pour moi. Ma propre pratique était plus tournée vers des enchaînements doux et courts d'asanas,  et des temps de pranayama et d'assises méditatives plus longs.
Les retours des pratiquants étant chaleureux et variés, j'ai proposé alors de mettre en place un journal de bord du yoga pendant le confinement. Une dizaine de personnes ont participé. J'en ai fait une synthèse et leur ai transmis.
Actuellement j'ai repris certains cours en présentiel dehors quand le temps le permet et garde encore une séance en direct par semaine.
Plusieurs personnes m'ont aussi confiées que de par la fréquence plus importante de leur pratique, elles ont senti une évolution dans leur exploration du yoga.
A posteriori, je me suis rendue compte que ces semaines passées devant mon ordinateur à guider les séances sans trop voir parfois ce que faisaient les pratiquants, a été un entrainement à prendre une certaine distance avec eux. Je suis toujours présente pour ajuster les propositions, mais avec une implication plus apaisée.
Ce fut en tout cas pour moi, une période riche pour s'adapter, se ré-inventer tout en retrouvant un rythme plus lent, plus proche de nos besoins naturels.  

Garder le lien, telle est la question...
par Armelle Blouin, professeure IFY

Photo : Waldemar Brandt

Salut à vous,
Oh ! oui, que de recherche pour moi durant « le confinement » ! Le yogi n'est-il pas un chercheur perpétuel?

Il y a eu plusieurs étapes lors de cette « drôle » de période.


La première, de 15 jours environ, est le questionnement. Étant donné que je pratique déjà tous les jours, j'ai renforcé cette dernière avec des postures comme shirshasana. L'inversion, voir le vie sous un autre angle !
Recherche de stabilité, d'un socle solide, se préparer à l'avenir au mieux… inspirer prâna, libérer apâna.
 Pratiquer avec ma fille Lola de 20 ans à été une joie profonde. Être en famille a été extraordinaire avec pour couronner le tout la joie d'une météo joyeuse!
Garder le lien avec tous les élèves à été la question!

Dès le début de cette période, qui sera finalement longue, j'ai commencé l'envoi de pratiques écrites dans la continuité de celles vues en cours. Ceci sur deux semaines.
Puis j'y ai ajouté l'enregistrement. La voix pour donner la voie...
La séance pour les élèves était composée de trois phases: asana, pranayama, méditation avec bol tibétain.
Le retour des élèves a été rapide : ils étaient très heureux de pratiquer avec ces supports!

Puis troisième période... retrouver le lien physique même au travers d'un écran.
Là, pour ma part, c'était juste impensable ! Finalement réalisable ! Avec la foi tout peut arriver !
Trois phases lors de cette « drôle » de période m'ont fait grandir, et même envisager le lien au travers le yoga différemment ! Plus d’obstacle à l’enseignement ! De la magie ? non du réel dans un monde qui change.
Oh ! cela me rappelle certain YS !!! Sourire...
A ce jour peut-être la quatrième partie, retour de quelques élèves, sur les nombreux cours que je dispense, reviennent en séance extérieure quand dame Nature le permet.
J'ai même adapté avec des marches en pleine conscience pour les élèves qui souhaitent se retrouver...
Wahoo quelle évolution! Les élèves sont toujours là et ont également sacrément grandi !
Grand respect à nos ancêtres yogis qui n'avaient pas besoin d'outils informatiques mais qui savaient se servir de l'énergie, de Prâna...
Merci la vie.
Et belles pensées de Force, d’Amour, de Lumière, à tous ceux qui ont perdu un proche...
Avec tous mes remerciements pour cette idée de nous faire partager nos expériences et notre vécu
Namaste


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